Avec Elsa Kopf, la gourmandise n’est plus un défaut. Elle compose des chansons pour les gourmets. Avez-vous entendu ses « Larmes de caramel » ? En quelques accords sucrés de guitare acoustique, elle y raconte le « mystère glacé » d’un amour déçu.
Il faut dire que la chanson est une seconde nature pour elle : « La maison était toujours pleine d’amis musiciens, qui venaient jouer avec mes parents, du rock, de la folk, » se souvient-elle, « et surtout Elvis : je connaissais ses refrains par cœur avant même de parler anglais ! ». Joëlle, sa mère, a été parolière pour plusieurs grandes stars de la chanson française : Zazie, Patricia Kaas, Calogero, Maxime le Forestier. Et elle a écrit le texte d’une des chansons les plus vendues en France, « Femme libérée », du groupe Cookie Dingler.
Son père, lui, enseignait les langues et lui a transmis le goût de chanter en langues étrangères. « Je rêve en anglais, je m’attendris en français, et je chante dans les deux langues, » confie-t-elle, espiègle. Sans oublier l’espagnol, qu’elle pratique à Ibiza, où elle passe une partie de sa vie, et l’allemand, parce qu’elle est née à Strasbourg. Mais l’Alsace était trop petite pour une jeune fille qui veut vivre de ses chansons. Elle est donc « montée à Paris » en 2004, et s’est installée sur la butte Montmartre, au cœur du quartier des artistes et à deux pas de la Cigale, sa salle de concert préférée.
Sur le piano droit de son charmant appartement, au-dessus des toits, Elsa teste ses accords. Car c’est une artiste complète : elle compose elle-même paroles et musique des chansons qu’elle interprète. Ses influences ? Rien de moins que Joni Mitchell, Blossom Dearie, ou encore Rickie Lee Jones.
De ses errances et de ses rencontres, elle rapporte des mots et des mélodies. Et de ses émotions, des petits riens de l’existence, elle tire une ballade : « Les chansons servent à faire passer tout ce qu’on a en nous et qui ne passe pas autrement ». Elle s’empresse d’ajouter qu’être chanteuse, ce n’est pas inné, ça ne se fait pas au feeling. Tous les jours il faut travailler sa voix, entraîner les muscles du diaphragme, faire des exercices de respiration. Peu importe, dit-elle, « du moment que je chante, je suis heureuse ».
C’est au Point-Virgule, dans le quartier du Marais à Paris, qu’Elsa a appris à faire vibrer le public sur ses compositions, « une vraie drogue » avoue-t-elle. Depuis, elle enchaîne les concerts en solo et les premières parties d’artistes confirmés, Youssou N’Dour, La Grande Sophie, Danny Brillant. Elle a même chanté à l’Olympia, en 2007, juste avant les sketches de Nicolas Canteloup. Et grâce au réseau des Alsaciens de Paris, elle a poussé la ritournelle sur le DVD hommage à Alain Bashung.
Sa voix veloutée, à la Norah Jones, a déjà envouté le jury du prix Claude Lemesle, qui lui a remis le Grand prix pour sa chanson en deux langues, « Mai en moi » / « Me in May ». Elle figure dans son nouvel album « Acoustic Joys », qui sort en mars 2011, un album suave comme un caramel, à consommer sans modération.
Clip Elsa Kopf : Dreams behind the door





