Bérangère Claire tient le haut du carreau !

Dans son showroom, Mc Gregor est un tee-shirt, Anderson, une chemise bleue, et Evans, un pantalon marine. Pour sa nouvelle collection d’hiver 2011-2012, elle s’est directement inspirée du chic anglais, à la fois dans les formes des pièces et des imprimés.
Les coupes sont bien taillées, et les matières parfaitement adaptées aux frimas de l’hiver. Il faut dire que Bérangère Claire n’en est pas à son coup d’essai : c’est sa dixième collection.
Cette jeune styliste prometteuse est tombée dans la mode quand elle était petite. Sa mère tenait une boutique de prêt-à-porter dans une petite ville de Lorraine : « Forcément, ça m’a titillée ! Être styliste, créer ma propre marque, je ne rêvais que de ça. Petite, je m’entraînais déjà à fabriquer des sacs à main pour mes poupées. »Après trois années d’étude à l’école de stylisme ESMOD, elle a trouvé son premier job comme assistance costumière pour des chaînes de télé, Canal +, MTV, Comédie… « Pendant quelques années, j’ai écumé les boutiques de mode et les bureaux de presse, raconte-t-elle, j’adorais ça ! »
Elle aime parer ses créations de carreaux, ses motifs de prédilection. Un souvenir de son séjour à New York, où elle avait toujours rêvé de vivre. Elle y avait suivi les yeux fermés un jeune Américain, dont elle était tombée amoureuse. Mais en arrivant, l’amour s’était envolé. Que faire ? Elle s’est installée dans un petit studio à Manhattan, au cœur d’un quartier de fripes : « Je n’avais rien d’autre à faire que me promener et dessiner. Les boutiques branchées de Brooklyn débordaient de chemises à carreaux, un véritable uniforme local ! J’avais envie d’en porter, mais pas des vintages, je voulais porter les miennes ! ».
Six mois plus tard, elle rentre en France avec une centaine de croquis dans les bras : « J’étais enfin prête à lancer ma propre marque. » C’était en 2007. Elle acquiert deux machines à coudre, et s’invente un blason : une tête de cerf sur une croix de Lorraine, en hommage à sa région d’origine.
Depuis, elle décline les carreaux à l’infini dans toutes ses collections, et les revisite à chaque saison. Ses vêtements, pour hommes et femmes, sont faciles à porter, dans un style classique, « basique », dit-elle, avec des détails raffinés. Et ça marche : grâce à la vente en ligne, elle vend déjà au Japon, à Hong-Kong et aux États-Unis.
