j’aime traquer la tendance, la décrypter, notamment en matière de mode et de bijoux. Je hume l’air du temps, capte des styles, pique des idées… pour vous les restituer le mieux possible sur ce blog. Plutôt bien dans mes Stilettos et la trentaine rayonnante, rien que ça (!), je suis une acheteuse compulsive de magazines, une dévoreuse d’infos. Mes passions ? Le ciné, la littérature, la musique, le street art, la BD… Tout ce qui fait du bruit, tout ce qui buzz. Ce portrait serait incomplet si je n’évoquais pas ma minimodeuse de fille, celle qui me pique mes colliers et met ses pieds minuscules dans mes chaussures à talons. Elle sera grande sœur dans quelques mois…
Bref, une femme, une mère, une modeuse, une geek (un peu), une curieuse (beaucoup)… qui vous fait partager ses coups de cœur (de gueule aussi ?) sur ce blog !
Dans son showroom, Mc Gregor est un tee-shirt, Anderson, une chemise bleue, et Evans, un pantalon marine. Pour sa nouvelle collection d’hiver 2011-2012, elle s’est directement inspirée du chic anglais, à la fois dans les formes des pièces et des imprimés.
Les coupes sont bien taillées, et les matières parfaitement adaptées aux frimas de l’hiver. Il faut dire que Bérangère Claire n’en est pas à son coup d’essai : c’est sa dixième collection.
Cette jeune styliste prometteuse est tombée dans la mode quand elle était petite. Sa mère tenait une boutique de prêt-à-porter dans une petite ville de Lorraine : « Forcément, ça m’a titillée ! Être styliste, créer ma propre marque, je ne rêvais que de ça. Petite, je m’entraînais déjà à fabriquer des sacs à main pour mes poupées. »Après trois années d’étude à l’école de stylisme ESMOD, elle a trouvé son premier job comme assistance costumière pour des chaînes de télé, Canal +, MTV, Comédie… « Pendant quelques années, j’ai écumé les boutiques de mode et les bureaux de presse, raconte-t-elle, j’adorais ça ! »
Elle aime parer ses créations de carreaux, ses motifs de prédilection. Un souvenir de son séjour à New York, où elle avait toujours rêvé de vivre. Elle y avait suivi les yeux fermés un jeune Américain, dont elle était tombée amoureuse. Mais en arrivant, l’amour s’était envolé. Que faire ? Elle s’est installée dans un petit studio à Manhattan, au cœur d’un quartier de fripes : « Je n’avais rien d’autre à faire que me promener et dessiner. Les boutiques branchées de Brooklyn débordaient de chemises à carreaux, un véritable uniforme local ! J’avais envie d’en porter, mais pas des vintages, je voulais porter les miennes ! ».
Six mois plus tard, elle rentre en France avec une centaine de croquis dans les bras : « J’étais enfin prête à lancer ma propre marque. » C’était en 2007. Elle acquiert deux machines à coudre, et s’invente un blason : une tête de cerf sur une croix de Lorraine, en hommage à sa région d’origine.
Depuis, elle décline les carreaux à l’infini dans toutes ses collections, et les revisite à chaque saison. Ses vêtements, pour hommes et femmes, sont faciles à porter, dans un style classique, « basique », dit-elle, avec des détails raffinés. Et ça marche : grâce à la vente en ligne, elle vend déjà au Japon, à Hong-Kong et aux États-Unis.
Avec Elsa Kopf, la gourmandise n’est plus un défaut. Elle compose des chansons pour les gourmets. Avez-vous entendu ses « Larmes de caramel » ? En quelques accords sucrés de guitare acoustique, elle y raconte le « mystère glacé » d’un amour déçu.
Il faut dire que la chanson est une seconde nature pour elle : « La maison était toujours pleine d’amis musiciens, qui venaient jouer avec mes parents, du rock, de la folk, » se souvient-elle, « et surtout Elvis : je connaissais ses refrains par cœur avant même de parler anglais ! ». Joëlle, sa mère, a été parolière pour plusieurs grandes stars de la chanson française : Zazie, Patricia Kaas, Calogero, Maxime le Forestier. Et elle a écrit le texte d’une des chansons les plus vendues en France, « Femme libérée », du groupe Cookie Dingler.
Son père, lui, enseignait les langues et lui a transmis le goût de chanter en langues étrangères. « Je rêve en anglais, je m’attendris en français, et je chante dans les deux langues, » confie-t-elle, espiègle. Sans oublier l’espagnol, qu’elle pratique à Ibiza, où elle passe une partie de sa vie, et l’allemand, parce qu’elle est née à Strasbourg. Mais l’Alsace était trop petite pour une jeune fille qui veut vivre de ses chansons. Elle est donc « montée à Paris » en 2004, et s’est installée sur la butte Montmartre, au cœur du quartier des artistes et à deux pas de la Cigale, sa salle de concert préférée.
Sur le piano droit de son charmant appartement, au-dessus des toits, Elsa teste ses accords. Car c’est une artiste complète : elle compose elle-même paroles et musique des chansons qu’elle interprète. Ses influences ? Rien de moins que Joni Mitchell, Blossom Dearie, ou encore Rickie Lee Jones.
De ses errances et de ses rencontres, elle rapporte des mots et des mélodies. Et de ses émotions, des petits riens de l’existence, elle tire une ballade : « Les chansons servent à faire passer tout ce qu’on a en nous et qui ne passe pas autrement ». Elle s’empresse d’ajouter qu’être chanteuse, ce n’est pas inné, ça ne se fait pas au feeling. Tous les jours il faut travailler sa voix, entraîner les muscles du diaphragme, faire des exercices de respiration. Peu importe, dit-elle, « du moment que je chante, je suis heureuse ».
C’est au Point-Virgule, dans le quartier du Marais à Paris, qu’Elsa a appris à faire vibrer le public sur ses compositions, « une vraie drogue » avoue-t-elle. Depuis, elle enchaîne les concerts en solo et les premières parties d’artistes confirmés, Youssou N’Dour, La Grande Sophie, Danny Brillant. Elle a même chanté à l’Olympia, en 2007, juste avant les sketches de Nicolas Canteloup. Et grâce au réseau des Alsaciens de Paris, elle a poussé la ritournelle sur le DVD hommage à Alain Bashung.
Sa voix veloutée, à la Norah Jones, a déjà envouté le jury du prix Claude Lemesle, qui lui a remis le Grand prix pour sa chanson en deux langues, « Mai en moi » / « Me in May ». Elle figure dans son nouvel album « Acoustic Joys », qui sort en mars 2011, un album suave comme un caramel, à consommer sans modération.